Indie Hosters et TeleCoop démarrent leur collaboration

Dégoogliser nos outils de travail

La dégooglisation de nos outils de travail était dans les cartons depuis un moment – nous avions conscience qu’utiliser – donc encourager – les outils de Google allait à l’encontre de l’éthique TeleCoop. Faut-il le rappeler : les GAFAM (et d’autres entreprises géantes du numériques) promeuvent un internet et un numérique qui pousse à la consommation au mépris des considérations écologiques et éthiques, où le profit publicitaire est roi et où nos données sont collectées et vendues – bref : un numérique déraisonné.

Si Google Drive et Google Docs ont été des premières solutions « pratiques » et temporaires pour travailler de manière collaborative sur nos documents, il était temps de mettre fin au temporaire en optant pour des solutions libres, open-source et plus éthiques. Nous avons donc opté pour deux alternatives combinées :

NextCloud, une solution libre d’hébergement de fichiers. Il s’agit d’une solution décentralisée : chacun-e peut auto-héberger ce logiciel sur son propre serveur ou bien choisir un hébergeur qui s’occupe de tout. De nombreux hébergeurs éthiques proposent ce service – beaucoup sont membres du Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS).

OnlyOffice, une suite bureautique libre en ligne qui contient des solutions de traitement de texte, de tableur ou de présentation. Intégrée à NextCloud, elle nous permet de collaborer en ligne et en temps réel sur nos documents partagés. C’est également une solution décentralisée, facile à intégrer dans NextCloud (tout est prévu !), aussi proposée par plusieurs CHATONS.

Nous utilisons également RocketChat pour le livechat à destination des visiteurs & visiteuses de notre site. RocketChat est une solution de conversation instantanée, qui peut aussi être une bonne alternative à des logiciels comme Slack.

L’ensemble de ces outils sont sous licence libre, c’est-à-dire que leur code est accessible à tou·te·s : chacun·e peut l’utiliser, l’améliorer, et le redistribuer sous certaines conditions. Ces logiciels ne sont pas la propriété d’une entreprise. 

Nous avons par ailleurs fait le choix d’héberger ces outils chez IndieHosters, un hébergeur français et promoteur des solutions numériques plus responsables.

TeleCoop & IndieHosters : des valeurs en commun

IndieHosters est une association membre des CHATONS, éthique et engagée dans une démarche écologique : ses services sont basés sur des logiciels sous licence libre ou opensource, les données et métadonnées ne sont pas revendues, ni exploitées, et les serveurs, localisés en Allemagne et en Finlande , sont des machines en partie de seconde main alimenté́es en énergie hydraulique et éolienne. L’objectif de l’association est de faciliter l’accès aux logiciels libres et open source notamment en proposant Liiibre, une solution qui unifie l’ensemble des outils hébergés sous un seul compte par coopérateur·trices. Comme TeleCoop, Indie Hosters milite pour une technologie et des services numériques engagés et raisonnés. Car, au delà de fournir un forfait mobile responsable , TeleCoop défend un usage plus juste des technologies du numérique en général : il était temps de s’affranchir des services à contre-courant de nos convictions.

Un pas pour – peut-être – initier des projets en commun avec ce nouveau partenaire !

Pour aller plus loin

Dégooglisons internet

Adopter un CHATON

Après 1 an, on fait le bilan !

Ce mois d’avril, TeleCoop, premier opérateur télécom coopératif, fête son premier anniversaire. C’est l’occasion de dresser un premier bilan de l’aventure après cette première année d’activité.


L’opérateur télécom est la porte d’entrée vers le numérique. Concrètement, c’est une entreprise qui, de part son activité et ses services, permet à chacun d’entre nous de pouvoir accéder au numérique et à ses multiples opportunités. Or le numérique est aussi à l’origine d’impacts environnementaux et sociétaux forts. Il interroge, bouscule et transforme fortement notre rapport aux autres, à la société mais aussi à la démocratie.

TeleCoop est ainsi né de l’idée qu’il devenait important de pouvoir construire un opérateur télécom au service des citoyens pour permettre à tous de se réapproprier ses usages numériques et de réfléchir collectivement et concrètement à un avenir soutenable et souhaitable pour ce secteur si présent dans le quotidien de chacun d’entre nous.

A l’origine de ce projet, de multiples personnes se sont rassemblées et ont commencé à collaborer. Des citoyens en somme comme vous et moi qui prenaient conscience collectivement de l’importance et la nécessite de collaborer pour construire un nouveau genre d’entreprise, au service de l’intérêt collectif.

Un certain nombre de ces personnes, professionnels du secteur des coopératives, se sont joints au projet parmi lesquels Pierre Paquot, ancien collaborateur d’Enercoop, co-fondateur de plusieurs initiatives de transition écologique et actuel président de TeleCoop, Julien Noé, co-fondateur d’Enercoop et actuel administrateur de TeleCoop, ou encore Marion Graeffly, ancien dirigeante associative et Anne Barbarin, spécialiste des télécoms et des dynamiques territoriales.

Le choix de créer TeleCoop en tant que société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) est bien sûr tombé sous le sens. En effet, cette forme originale d’entreprise permet à tous d’en devenir partie prenante en tant que sociétaire, de pouvoir être consulté lors de l’Assemblée Générale et durant les différents moments de concertation organisés à l’adresse des sociétaires. Son organisation même et ses statuts défendent le principe d’une entreprise à l’image résolument dédiée à l’intérêt collectif.

Le groupe décide de se lancer dans la création administrative de TeleCoop en tant que SCIC. Au moment de la rédaction de nos statuts, les valeurs fondamentales de l’entreprise émerge.

TeleCoop aspire à une société dans laquelle tous les citoyens ont les moyens d’être acteurs de leur propre émancipation et de peser dans les grands choix collectifs de notre société en utilisant les ressources numériques adaptées à leurs besoins tout en préservant la capacité des générations futures à en bénéficier.

Pour ce faire, la coopérative se donne pour mission de proposer à tous un service de téléphonie et d’accès à internet coopératif et performant, dans une logique d’intérêt collectif pour un usage du numérique voulu et non subit. Les services éthiques de TeleCoop ont pour objectif principal l’épanouissement personnel et l’émancipation numérique de chacun tout en prenant conscience de la finitude des ressources de notre planète.

Au service de cette cause, TeleCoop agit autour de valeurs concrètes et fortes :
– l‘intérêt collectif et la coopération sur les principes de lucrativité limitée et de gouvernance partagée entre abonnés, salariés et partenaires de l’entreprise,

– la responsabilité et la solidarité sur les principes de gestion éthique et humaine des abonnés et des salariés, de la juste rémunération et de la limitation des écarts de salaires et de la lutte contre la fracture numérique,

– la protection de la planète et des libertés sur les principes de la limitation du gaspillage des ressources, de la promotion d’un usage responsable du numérique et du low tech et de la promotion du libre, de l’open source et de la neutralité du net.

On célèbre le dépôt des statuts de la coopérative ! Avril 2020

La coopérative est créée le 2 avril 2020, en plein premier confinement, à l’heure où toute la France avait été mise à l’arrêt. Cette période a été dans le même temps une prise de conscience générale du fait que le numérique prenait une place de plus en plus importante dans nos vies. Arrimés à nos domiciles respectifs, sans possibilité de rencontrer physiquement les gens qui d’ordinaire nous entourent, le numérique, nos ordinateurs et nos mobiles sont devenus les plaques tournantes de notre vie sociale.

Nous en avons profité pour réfléchir, pour construire et pour tester des choses comme le premier challenge deconnexion organisé le 2ème mois du confinement sur la base d’une intuition que nous aurions tous besoin de nous aérer de nos appareils numériques et d’introduire davantage de sobriété numérique dans nos vies.

Les 6 premiers mois de l’existence de TeleCoop ont été ainsi consacrés à la réflexion et la construction de notre première offre d’abonnement mobile. A la suite d’un premier sondage partagé sur nos réseaux organisé pour lancer la concertation avec nos futurs abonnés, il semblait important de développer une offre qui permettait à tous de se rendre compte de sa consommation et donc de se réapproprier ses usages mobiles numériques. En parallèle, il nous fallut rassembler les bons interlocutureurs et partenaires pour devenir un opérateur mobile. Notre chemin a croisé celui de Bazile Telecom, opérateur virtuel à destination des séniors qui nous proposait en juillet dernier un partenariat pour nous permettre de construire à partir de leur expérience et de leur outil à quoi pourrait ressembler TeleCoop dans les années à venir. Ainsi nous fîmes le choix de nous baser sur le réseau d’Orange pour lancer la première offre de la coopérative.

Envoi des premières cartes SIM pour les béta-testeurs – Juillet 2020

Nous sommes alors rejoint par Christine Heitz qui prend la responsabilité de la création et de la gestion de notre service client. L’ambition est importante pour ce département de la coopérative car nous souhaitons défendre un nouveau modèle de service client au service d’un monde solidaire et partagé, humain et responsable, qui accompagne chacun dans sa vie numérique. Avec l’aide de plus 30 béta-testeurs, nous éprouvons notre offre et nos processus pour apprendre notre métier.

Pour nous permettre de construire cette belle aventure, il était important que nous puissions avoir les reins solides, notamment financièrement. Nous avons donc rassemblé une vingtaine de personnes autour de nous, dans la catégorie des membres fondateurs pour permettre de rassembler les premiers financements nécessaires à l’époque pour financer une partie de nos développements. Nous sommes ainsi parvenus à rassembler plus de 50 000€ de capital social.

Réunion des premiers sociétaires de TeleCoop – juin 2020

En septembre, nous sommes officiellement déclarés opérateur mobile auprès de l’ARCEP, organisme régulateur des télécoms pour lancer notre activité. En parallèle, nous commençons à faire entendre nos voix à l’ARCEP et à l’ADEME sur les sujets du numérique responsable. Notre voix dissonante, soucieuse des impacts environnemtaux et sociaux les intéresse.

Carte SIM de TeleCoop

Notre histoire bénéficie également d’une autre plus grande histoire qui est en train de se construire à nos côtés, le collectif des Licoornes. Sous l’impulsion de Julien Noé et d’autres dirigeants de SCIC, des coopératives se rassemblent pour faire système et proposer un ensemble d’alternatives citoyennes et respectueuses des Hommes et de la Planète. Ce système comporte des coopératives dans tous les secteurs d’activité utiles : la mobilité avec Railcoop & Mobicoop, l’énergie renouvelable avec Enercoop, la banque avec La Nef, la téléphonie avec TeleCoop, les circuits-courts alimentaires avec CoopCircuit, la vente de biens avec LabelEmmaüs, la location de biens électroniques sur le principe de l’économie de la fonctionnalité avec Commown. Cette initiative permet à notre jeune pousse d’être de plus en plus visible au-delà de notre activité propre. De plus, chacune de ces coopératives joue le jeu de parler de TeleCoop et de toutes les autres initiatives coopératives.

A la fin novembre, nous lançons la première offre mobile de TeleCoop, d’abord auprès des très nombreux inscrits à la liste d’attente puis en direct depuis notre site internet pour qui le souhaiterait. Très rapidement , nous atteignons les barres symboliques des 1000 abonnés et des 200 sociétaires à la mi-mars.

Nous apprenons de ce nouveau métier, nous constituons une équipe forte malgré les circonstances. Nous avons été entre temps rejoints par Perrine Hutin pour la gestion financière et télécoms de la structure et par Pierre Geoffroy sur le développement et la gestion de l’ensemble des outils informations de la coop’ (et il y a de quoi faire !). L’équipe continue de s’étoffer avec l’arrivée de Camille Beaudou, en stage de fin d’étude sur les outils numériques et Théo Chupin, en stage également sur l’animation du sociétariat.

L’équipe de TeleCoop – mars 2021


Ces premières étapes ont été fondamentales pour créer des bases solides pour TeleCoop. Il nous fallait bien sûr une certaine assurance d’un point de vue économique que nous étions dans le vrai car prôner la sobriété numérique et essayer de faire payer un prix juste n’est pas chose facile dans l’environnement que l’on connaît. Il nous fallait aussi sentir que le principe d’une initiative citoyenne faisait écho à d’autres que nous et ce fut également le cas au regard du nombre de sociétaires qui nous ont rejoint et du nombre de participants à nos dernières concertations.

Nous sommes ravis de la tournure que prend le projet et nous vous donnons rendez-vous pour la suite qui va être, nous en sommes sûrs, passionnante.

Rendez-vous le 27 avril à 20h pour fêter ce premier anniversaire. Inscrivez-vous ici :

https://framaforms.org/le-premier-anniversaire-de-telecoop-1617356959

Merci à tous pour votre soutien !

Concentration : une aptitude en voie de disparition ?

En Angleterre et en Chine, certaines écoles interdisent les smartphones. Parmi les raisons invoquées, on trouve la protection des yeux et de l’attention des enfants. L’attention, qu’il est important de capter et de maintenir, pas uniquement chez les enfants.

En quoi les outils numériques peuvent-ils perturber l’attention, et comment faire pour la préserver, voire la cultiver ?

Concentration et attention, du pareil au même… ou presque.

Dans le langage commun, on se réfère souvent à la concentration. Vous dites ou pensez souvent, j’imagine : “J’ai besoin de me concentrer !” lorsque vous souhaitez réfléchir à une question, étudier, apprendre, travailler, par exemple. La concentration est l’action de porter toute son attention sur un même objet. On mobilise notre attention (ou notre concentration) pour les activités mentionnées ci-dessus mais aussi pour échanger avec nos proches, les écouter et leur parler, réaliser des œuvres artistiques, ou même pour réaliser des exploits sportifs. Dans les trois exemples, l’attention est la condition sine qua non de l’écoute et du dialogue, de la créativité et de la performance.

Photo de Krishh sur Unsplash

Quel est le souci avec les outils numériques ?

Or, au travail ou à la maison, nous pouvons être bombardés de notifications, pop-ups, appels et être distraits par ces signaux visuels, sonores qui viennent interrompre l’action en cours. A chaque “ding”, à chaque bannière qui s’affiche, notre cerveau se met en alerte, et détourne notre attention, parfois quelques fractions de secondes, parfois davantage, si nous décidons de répondre. Cela peut être sans grande conséquence : on demande à notre interlocuteur de répéter ce qu’il vient de dire. Cela peut aussi être dangereux, lorsqu’on conduit par exemple.

Interrompu.e.s en permanence, nous pouvons avoir bien du mal à nous concentrer sur ce que nous faisons. Et perdre l’habitude de nous focaliser sur une chose à la fois.

Le smartphone peut nous rendre la tâche bien difficile, attrayant et irrésistible comme il est. Réseaux sociaux, applications sont conçus de telle manière à attirer et à garder notre attention, le plus longtemps possible. Nous n’entrerons pas ici dans le détail de ce phénomène. Retenez néanmoins que nous sommes nombreux à avoir notre smartphone en permanence à proximité. Et nous sommes donc tout le temps susceptibles d’être interrompu.e.s.

Pour rester concentré.e, ne comptez pas trop sur votre volonté, mettez toutes les chances de votre côté

Difficile de se concentrer, donc, lorsqu’on est interrompu à tout bout de champ ou que l’on papillonne d’une tâche à l’autre. Il est toutefois possible de “ré-éduquer notre cerveau”. 

Vous pouvez commencer par habituer votre cerveau à ne pas être “branché” en permanence en vous définissant des règles comme par exemple : 

  • “pas de portable à table”, 
  • “pas de portable dans certaines pièces de la maison (la chambre, la salle de bain)” 
  • ou “pas de portable à certaines heures”.

Ensuite, vous pouvez vous entraîner à vous adonner à une activité concentrée chaque jour. Avant toute chose, définissez-vous un but (la tâche à accomplir). Puis créez les conditions idéales pour ne pas être interrompu.e. :

  1. Planifiez-vous des créneaux horaires (pour commencer, prenez 10 minutes par exemple, puis 20, puis 30, etc.). 
  2. Fermez toutes les applications, onglets, canaux de vos outils numériques.
  3. Réduisez au silence toutes les sources de distractions numériques
  4. Posez votre smartphone hors de votre vue et de portée (visuelle et auditive).
  5. Ayez à portée tout ce qui vous est nécessaire, pour votre tâche à réaliser mais aussi votre confort (boisson, encas, etc.)
  6. Vous êtes prêt.e à réaliser ce que vous voulez !

Au début, cela peut être difficile, mais si vous vous entraînez un peu chaque jour, et augmentez petit à petit, votre cerveau se ré-habituera à  se concentrer. C’est comme un sport que l’on pratique avec de plus en plus d’aisance. Alternez les phases concentrées avec des pauses, en mouvement ou en interaction avec d’autres personnes.

Et bientôt, vous concentrer sera redevenu un jeu d’enfant. 

Merci à Stéphanie Formery, experte en bien-être numérique

Site Web de Reconnecter