À propos de TeleCoop

Concentration : une aptitude en voie de disparition ?

En Angleterre et en Chine, certaines écoles interdisent les smartphones. Parmi les raisons invoquées, on trouve la protection des yeux et de l’attention des enfants. L’attention, qu’il est important de capter et de maintenir, pas uniquement chez les enfants.

En quoi les outils numériques peuvent-ils perturber l’attention, et comment faire pour la préserver, voire la cultiver ?

Concentration et attention, du pareil au même… ou presque.

Dans le langage commun, on se réfère souvent à la concentration. Vous dites ou pensez souvent, j’imagine : “J’ai besoin de me concentrer !” lorsque vous souhaitez réfléchir à une question, étudier, apprendre, travailler, par exemple. La concentration est l’action de porter toute son attention sur un même objet. On mobilise notre attention (ou notre concentration) pour les activités mentionnées ci-dessus mais aussi pour échanger avec nos proches, les écouter et leur parler, réaliser des œuvres artistiques, ou même pour réaliser des exploits sportifs. Dans les trois exemples, l’attention est la condition sine qua non de l’écoute et du dialogue, de la créativité et de la performance.

Photo de Krishh sur Unsplash

Quel est le souci avec les outils numériques ?

Or, au travail ou à la maison, nous pouvons être bombardés de notifications, pop-ups, appels et être distraits par ces signaux visuels, sonores qui viennent interrompre l’action en cours. A chaque “ding”, à chaque bannière qui s’affiche, notre cerveau se met en alerte, et détourne notre attention, parfois quelques fractions de secondes, parfois davantage, si nous décidons de répondre. Cela peut être sans grande conséquence : on demande à notre interlocuteur de répéter ce qu’il vient de dire. Cela peut aussi être dangereux, lorsqu’on conduit par exemple.

Interrompu.e.s en permanence, nous pouvons avoir bien du mal à nous concentrer sur ce que nous faisons. Et perdre l’habitude de nous focaliser sur une chose à la fois.

Le smartphone peut nous rendre la tâche bien difficile, attrayant et irrésistible comme il est. Réseaux sociaux, applications sont conçus de telle manière à attirer et à garder notre attention, le plus longtemps possible. Nous n’entrerons pas ici dans le détail de ce phénomène. Retenez néanmoins que nous sommes nombreux à avoir notre smartphone en permanence à proximité. Et nous sommes donc tout le temps susceptibles d’être interrompu.e.s.

Pour rester concentré.e, ne comptez pas trop sur votre volonté, mettez toutes les chances de votre côté

Difficile de se concentrer, donc, lorsqu’on est interrompu à tout bout de champ ou que l’on papillonne d’une tâche à l’autre. Il est toutefois possible de “ré-éduquer notre cerveau”. 

Vous pouvez commencer par habituer votre cerveau à ne pas être “branché” en permanence en vous définissant des règles comme par exemple : 

  • “pas de portable à table”, 
  • “pas de portable dans certaines pièces de la maison (la chambre, la salle de bain)” 
  • ou “pas de portable à certaines heures”.

Ensuite, vous pouvez vous entraîner à vous adonner à une activité concentrée chaque jour. Avant toute chose, définissez-vous un but (la tâche à accomplir). Puis créez les conditions idéales pour ne pas être interrompu.e. :

  1. Planifiez-vous des créneaux horaires (pour commencer, prenez 10 minutes par exemple, puis 20, puis 30, etc.). 
  2. Fermez toutes les applications, onglets, canaux de vos outils numériques.
  3. Réduisez au silence toutes les sources de distractions numériques
  4. Posez votre smartphone hors de votre vue et de portée (visuelle et auditive).
  5. Ayez à portée tout ce qui vous est nécessaire, pour votre tâche à réaliser mais aussi votre confort (boisson, encas, etc.)
  6. Vous êtes prêt.e à réaliser ce que vous voulez !

Au début, cela peut être difficile, mais si vous vous entraînez un peu chaque jour, et augmentez petit à petit, votre cerveau se ré-habituera à  se concentrer. C’est comme un sport que l’on pratique avec de plus en plus d’aisance. Alternez les phases concentrées avec des pauses, en mouvement ou en interaction avec d’autres personnes.

Et bientôt, vous concentrer sera redevenu un jeu d’enfant. 

Merci à Stéphanie Formery, experte en bien-être numérique

Site Web de Reconnecter

Comment réduire l’empreinte environnementale de son smartphone ?

Le smartphone est devenu l’équipement indispensable de bon nombre d’entre nous. En 2019, 95 % des Français possédaient un appareil mobile, dont 77 % un smartphone et ce chiffre est toujours en croissance. L’usage du téléphone s’est aussi diversifié. En plus de sa fonction d’appel, il nous sert de GPS, de lecteur vidéo, de navigateur internet, de console de jeu, etc.

Mais ce qui augmente également, c’est le nombre d’études montrant que le bilan carbone des téléphones portables est catastrophique. Entre l’épuisement de matériaux rares, les problèmes de recyclage et les consommations exponentielles de données et électricité, les mobiles sont un véritable fléau pour l’environnement. Pourtant quelques gestes simples permettent de limiter leurs impacts. Découvrez comment réduire l’empreinte environnementale de votre smartphone facilement.

Limiter l’empreinte carbone de son téléphone au niveau matériel

Avant d’arriver entre nos mains, un smartphone a déjà consommé, en moyenne :

  • 70 matériaux différents (dont des métaux précieux et terres rares),
  • l’équivalent de 4 tours du monde pour réunir ses composants, le concevoir et l’assembler puis le distribuer,
  • près de 910 litres d’eau pour sa fabrication (n’incluant pas celle nécessaire au fonctionnement des mines) et 75 000 litres d’eau acide rejetés.

(Source : infographie « Le smartphone, une relation compliquée » de l’ADEME.)

80 % de l’impact environnemental d’un smartphone est lié à sa fabrication

À cela s’ajoute une exploitation des ressources humaines dévastatrice. Les matériaux présents dans notre smartphone sont issus de pays où les droits des travailleurs sont inexistants. C’est notamment le cas du cobalt, essentiel pour les batteries de nos appareils et qui provient majoritairement de la République démocratique du Congo (RDC). Selon Amnesty International, ce sont près de 40 000 enfants qui extraient le minerai dans des mines illégales au milieu de poussières hautement toxiques. (Source : « Mon smartphone est-il lié au travail des enfants ? »)

Les constructeurs de smartphones ferment les yeux sur ces désastres sociétaux et environnementaux.

Le Chili, qui possède les plus grands gisements de lithium, est confronté à une véritable « guerre de l’eau ». Pour extraire ce matériau qui alimente les batteries des appareils mobiles, la mine est autorisée à prélever près de 24 litres par seconde d’eau douce. Dans cette région, déjà considérée comme l’une des plus arides au monde, c’est tout l’écosystème et les populations locales qui sont menacés de disparition. Et, avec l’essor des véhicules électriques et de leurs batteries au lithium, la situation va devenir encore bien plus inquiétante.

Les constructeurs de smartphones ferment les yeux sur ces désastres sociétaux et environnementaux. Ou pire, ils les utilisent pour des campagnes de communication s’apparentant à du greenwashing. Apple publie ainsi chaque année un « rapport de responsabilité environnementale » pour mettre en avant l’utilisation des énergies renouvelables et des matériaux recyclés dans sa production. Cependant, une enquête du site américain Motherboard (consultable ici ) a mis en avant les pratiques déplorables d’Apple en termes de recyclage. La firme n’hésite pas à briser des équipements en parfait état de fonctionnement pour privilégier la vente de produits neufs. Les appareils sont déchiquetés dans leur intégralité pour empêcher toute réparation ou réutilisation des pièces électroniques.

De plus, en 2016, Apple avait la capacité de désassembler 2,4 millions de téléphones par an, alors que, sur la même période, la société a vendu plus de 215,3 millions d’iPhone.

Une responsabilisation de la part des grandes marques semble donc pour l’instant illusoire, cependant des actions individuelles peuvent influer et engager ce changement.

Le meilleur téléphone est celui qu’on n’achète pas

Cette maxime s’applique à de nombreux secteurs, mais elle est particulièrement vraie dans le domaine des équipements numériques.
En effet, en France, on change de téléphone en moyenne tous les 20 mois. En cause l’usure, la casse et l’obsolescence programmée mais surtout l’arrivée perpétuelle de nouveaux modèles toujours plus performants et aux publicités attractives.

La réparation est la première alternative au renouvellement de son équipement.

Selon l’ADEME, presque 90 % des Français remplacent leur smartphone, alors que celui-ci fonctionne encore. Près de 80 % des casses concernent uniquement un écran brisé, facilement réparable.

La réparation est donc la première alternative au renouvellement de son équipement. Si la panne intervient sous 2 ans après l’achat, la garantie constructeur doit, légalement, prendre en charge les réparations. Au-delà de ce délai, il est possible de faire appel à un réparateur voire de tenter soi-même la réparation. De nombreuses informations et tutoriels sont disponibles en ligne. Avec pour avantage une préservation des ressources, mais aussi des économies financières !

Malheureusement, cette alternative peut être compliquée à mettre en œuvre sur bon nombre de smartphones non modulables et à batterie fixe qui rendent impossible l’accès aux composants. Avec la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire) , l’indice de réparabilité d’un smartphone est affiché au moment de la vente d’un smartphone neuf depuis le 1er janvier 2021 (nous y consacrerons un prochain article !).

Bien choisir son nouveau smartphone

Pour réduire l’empreinte environnementale de son smartphone, il est donc nécessaire de choisir un modèle modulable et réparable. Une batterie et des composants amovibles ainsi que des pièces détachées disponibles permettront de le réparer facilement.

Avant de vous décider pour un smartphone, prenez également le temps de bien réfléchir à vos besoins. Les marques se livrent à une véritable course à la performance et leurs appareils s’apparentent désormais à de mini-ordinateurs. Cependant, ces caractéristiques sont souvent déconnectées de la réalité des besoins.

Si vous utilisez votre portable uniquement pour les appels, vous pouvez plutôt vous orienter vers un téléphone mobile classique. De même, un grand écran n’est peut-être pas forcément nécessaire, d’autant plus que les impacts environnementaux augmentent avec la taille de l’appareil. Si vous avez besoin d’un modèle performant et écologique, pensez également au Fairphone, un smartphone qui allie responsabilité, durabilité et efficience.

Enfin, si vous changez de smartphone, pensez aux offres reconditionnées et aux locations. La société coopérative d’intérêt collectif Commown permet par exemple de louer des Fairphone et autres équipements numériques durables et responsables.

Prenez le temps de bien réfléchir à vos besoins avant d’acquérir un smartphone.

Dans tous les cas, pensez au recyclage de votre ancien modèle en le ramenant en magasin ou auprès d’associations. Près de 80 % des composants d’un smartphone sont recyclables, pourtant, chaque année seulement 15 % des appareils sont collectés, les autres s’entassent dans les tiroirs où viennent augmenter la quantité de déchets numériques générés dans le monde.

Quelques pistes pour offrir une fin de vie « éco-responsable » à son smartphone :

  • Ecosystem, un éco-organisme à but non lucratif qui collecte, dépollue et recycle les équipements électroniques.
  • Le site «  Je donne mon téléphone » qui permet d’envoyer (gratuitement) son smartphone aux « Ateliers du Bocage », une société d’intérêt collectif membre d‛Emmaüs France et partenaire d’ecosystem. Les appareils sont soit recyclés, soit réparés et mis en vente à un prix solidaire.
  • Le site gouvernemental « Longue vie aux objets », soutenu par l’ADEME qui propose, entre autres, des conseils et un annuaire pour trouver des réparateurs et loueurs d’équipements numériques.

Réduire l’empreinte environnementale de son smartphone par une utilisation raisonnée

Si la fabrication des smartphones a de lourdes conséquences sur l’environnement, leur mode d’utilisation vient encore augmenter leur impact écologique. Mais là aussi quelques actions individuelles peuvent réduire l’empreinte environnementale de son smartphone. Il est donc important d’optimiser sa consommation de données mobile.

En quelques années, le smartphone est devenu l’équipement le plus utilisé pour se connecter à internet, loin devant l’ordinateur et la tablette. À l’heure où « le réseau » constitue la seconde source d’impacts du numérique français, optimiser sa consommation de données est essentiel.

D’autant plus que les actions à entreprendre sont simples :

  • privilégiez le wifi plutôt que les fréquences mobiles (de la 2G à la 5G), beaucoup plus énergivores,
  • en appel, favorisez l’audio à la visio qui consomme jusqu’à 3 fois plus de ressources par minutes,
  • activez l’économiseur de batterie. Cela peut réduire légèrement les performances de votre smartphone mais suffit largement à la plupart des utilisations standards (appel et navigation internet notamment),
  • désactivez le GPS et le Bluetooth dès que vous ne vous en servez pas. Pour l’audio, privilégiez les connexions filaires (écouteurs ou enceintes), vous préserverez l’environnement et gagnerez en qualité de son,
  • paramétrez, si possible, votre smartphone afin de pouvoir garder le contrôle sur les mises à jour et téléchargements,
  • passez votre téléphone en mode avion (ou éteignez-le) dès que vous n’en avez pas l’utilité,
  • réduisez la luminosité de l’écran en journée.

Là aussi, la limitation de l’empreinte environnementale de nos smartphones passe par une réflexion sur nos consommations. La 5G arrive avec la promesse de nous permettre de visionner des vidéos en haute qualité dans le train, mais est-ce vraiment un besoin fondamental ?

Limiter ses besoins énergétiques

L’optimisation de la consommation de données va de pair avec une réduction des besoins en énergie. Logiquement moins et mieux on utilise son smartphone, moins il nécessitera d’électricité pour fonctionner.

Cependant, d’autres éléments peuvent venir impacter la consommation énergétique des smartphones. C’est le cas par exemple des nouveaux chargeurs sans fil. En 2020, une étude menée par iFixit et OneZero (consultable ici) a démontré que ces équipements entraînaient en moyenne une augmentation de 47 % de l’électricité consommée lors de la recharge.

Attention également aux diverses applications et objets connectés qui communiquent en permanence avec nos smartphones. Selon les modèles, la gestion de l’utilisation des données est plus ou moins intuitive. Là aussi, de nombreux guides sont disponibles en ligne.

De plus, avec l’essor des forfaits tout illimité, il est difficile de se rendre compte du véritable temps de fonctionnement de notre téléphone et de sa consommation de données. Vous pouvez toutefois définir des seuils d’alertes sur votre mobile ou privilégier des forfaits adaptés à votre consommation réelle comme celui de Telecoop.

Soutenue par la croissance exponentielle des usages et par l’inertie volontaire des constructeurs, l’empreinte environnementale des smartphones est chaque jour, plus catastrophique.

Dans ce secteur, la préservation des ressources et les enjeux environnementaux passent plus que jamais par des initiatives individuelles et coopératives. Il s’agit de se réapproprier notre consommation numérique aussi bien au niveau de nos équipements que de l’utilisation que nous en faisons.

Merci à Laura Pouget pour cet article !

Sources :

Le rapport « Baromètre du numérique 2019 » de l’Arcep : https://www.arcep.fr/cartes-et-donnees/nos-publications-chiffrees/numerique/le-barometre-du-numerique.html

Rapport de l’Ademe sur les impacts du smartphone, édition 2019 : https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-impacts-smartphone.pdf

Campagne d’Amesty sur les « minerais de sang » : https://www.amnesty.org/fr/latest/campaigns/2016/06/drc-cobalt-child-labour/

Le rapport sur les « impacts environnementaux du numérique en France » ( Inum) : https://www.greenit.fr/impacts-environnementaux-du-numerique-en-france/

Autre article sur l’impact énergétique des chargeurs sans fil (GreenIT) : https://bit.ly/3pmWDCT




Pourquoi placer la sobriété numérique au coeur des offres de TeleCoop ?

TeleCoop est un opérateur coopératif. Ses sociétaires qui ont rejoint le projet pour contribuer à la construction d’un opérateur socialement et environnementalement plus vertueux jouent un rôle important dans sa stratégie. Et comme cela n’a rien d’évident, ils se réunissent et se concertent pour définir comment TeleCoop se positionne sur ces sujets. Ce processus est au coeur de la gouvernance de TeleCoop, et ce qui suit est le résultat de ces échanges sur la sobriété numérique.

A première vue le concept de sobriété peut sembler austère alors que le numérique est plutôt synonyme de progrès. Sans aller à l’encontre de ce progrès, et au contraire pour donner la possibilité au plus grand nombre d’en bénéficier, TeleCoop a pour mission que cela ne se fasse pas au détriment de ce qui nous impacte directement, les limites physiques de notre environnement, et dans ce but propose des façons de produire et consommer des services de télécommunications limitant ces impacts.

Les impacts des usages numériques sur l’environnement et en particulier la consommation d’énergie sont à la fois conséquents et peu connus du grand public. Ainsi en 2019, le numérique représentait 4% des gaz à effet de serre au niveau mondial, soit autant que le trafic aérien qui lui est régulièrement montré du doigt. Surtout ce chiffre pourrait passer à 8% des gaz à effet de serre en 2025 (Source : ADEME – novembre 2019).

Il est urgent de s’engager en faveur d’un numérique responsable et en ligne avec la transition écologique.

Les émissions de gaz à effet de serre illustrent le concept de matérialité déplacée. S’il est en effet difficile de se rendre compte des impacts négatifs du numérique, ces impacts sont en fait importants et il est urgent de s’engager en faveur d’un numérique responsable et en ligne avec la transition écologique.

Certaines bonnes pratiques peuvent d’ores et déjà être promues ; par exemple si l’on sait que l’utilisation du Wifi consomme jusqu’à 23 fois moins d’électricité que la 4G à bande passante et usage équivalent, alors on peut veiller à privilégier le Wifi plutôt que la 4G dès que cela est possible (Source : Green It – 2019).

Encore faut-il avoir le choix d’un Wifi de qualité suffisante. Cette question est cruciale car 77% des téléphones mobiles sont des smartphones qui représentent l’équipement privilégié pour se connecter à internet (pour 51% des Français, contre 31% pour l’ordinateur) (Source : etude CREDOC – 2019). Déployer la fibre sur les territoires aujourd’hui mal couverts, notamment les zones blanches, peut représenter une réelle alternative pour décongestionner le réseau mobile, en plus d’aider à garantir l’accès à internet comme un service universel. Etudier son déploiement par rapport à celui de nouvelles infrastructures mobiles paraît donc important pour faire ces choix d’infrastructures en connaissance de cause.

Se poser la question de ce qui est essentiel et de ce qui l’est moins permet d’avancer vers un usage plus responsable, sur le modèle du « moins mais mieux ».

Plus globalement, se poser la question de la sobriété numérique revient aussi à se poser la question d’identifier et qualifier les besoins essentiels d’accès à la ressource numérique. Le numérique est aussi un fantastique catalyseur de progrès social et environnemental; Telecoop veut donc encourager ce rôle tout en influençant et aidant les professionnels du secteur vers la création de référentiel de la sobriété numérique.

Créer un référentiel commence par une prise de conscience de ses usages mobiles.

C’est pourquoi Telecoop a lancé son premier forfait « sobriété » à 2€ le Giga, qui incite à réfléchir à sa consommation de données. Et cela commence dès la souscription lorsqu’est demandée la consommation moyenne des 6 derniers mois pour estimer le montant mensuel de la facture. Cette façon d’envisager sa consommation de données se positionne à contrario des forfaits illimités ou comprenant un très haut niveau de datas. Avec ce type de forfaits, très présents sur le marché, la plupart d’entre nous sommes incapables de donner un ordre de grandeur de notre consommation mobile. Mais avons-nous vraiment besoin d’autant de données ? Dans ce sens, Telecoop soutient la proposition de la mission d’information du Sénat d’interdire ces forfaits illimités qui prive le consommateur de cette prise de conscience.

Par ailleurs, les applications numériques que l’on utilise peuvent aussi avoir un impact fort sur son niveau de consommation de données. C’est pourquoi Telecoop souhaite aussi soutenir la création d’une plateforme regroupant les applications courantes les plus légères afin de promouvoir leur utilisation.

Le numérique, ce sont des ressources et les moyens d’y accéder, qui s’accompagnent d’une empreinte environnementale et sociale. Comme dans d’autres secteurs tels que l’alimentation ou la mode, se poser la question de ce qui est essentiel et de ce qui l’est moins permet d’avancer vers un usage plus responsable, sur le modèle du « moins mais mieux ». Eclairer les consommateurs mais surtout influencer les professionnels du secteur et les pouvoirs publics sur ces impacts et leur permettre d’utiliser au mieux ces ressources est au coeur du projet Telecoop.

Merci à Cécile Decker, sociétaire de TeleCoop pour cet article !

TeleCoop et Commown posent la première pierre de leur coopération future

Depuis le lancement de TeleCoop, les deux coopératives ont souhaité se rapprocher pour commencer à initier une réflexion commune sur les chantiers à mener pour améliorer la résilience des secteurs du numérique et de l’électronique. Nos deux structures sont conscientes qu’il est urgent de pouvoir faire évoluer le numérique vers un modèle au service de la transition écologique et citoyenne et non pas à ses dépends.

Pour développer cette nouvelle vision de l’électronique, Commown propose de faire évoluer le modèle de vente classique vers la logique de l’économie de la fonctionnalité. Concrètement la SCIC commercialise des prestations de location avec service de différents matériels électroniques. Ainsi Commown défend un modèle dans lequel les entreprises qui mettent sur le marché des produits électroniques ont intérêt à fournir un service durable et réparable.

Au-delà de son abonnement mobile engagé dans la transition écologique, TeleCoop défend le principe qu’un opérateur télécom doit être le fer de lance de la lutte contre l’obsolescence programmée du matériel et notamment des mobiles en choisissant de ne mettre en avant que des équipements mobiles durables et ce, à rebours des standards actuels du marché des télécoms.

Ainsi, par delà notre statut coopératif commun, il était par conséquent naturel et primordial que Commown et TeleCoop cherchent à développer leur partenariat au service d’une monde numérique soutenable et résilient.

Afin de poser la première pierre de nos collaborations futures, nous avons donc décidé de procéder à la prise de parts sociales croisées entre nos deux coopératives.

Nous envisageons ensuite plusieurs pistes de collaboration parmi lesquelles des prises de parole communes, des événements communs au sujet du numérique responsable et de la collaboration coopérative, des mises en commun de certains de nos processus afin de créer des synergies entre nos coopératives et bien évidemment le développement d’offres croisées à l’adresse du grand public mais également des entreprises.

Nous vous en dirons bien évidemment plus dans les mois qui viennent !

Les équipes de Commown & TeleCoop

Pourquoi est-ce important de chercher des alternatives aux géants du web ?

© Girardon – https://www.instagram.com/valgirardon/

De qui parle-t-on ?

Le terme GAFAM regroupe les grandes entreprises américaines du numérique, à savoir Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft. Ces entreprises réalisent pour chacune d’entre elles des dizaines de milliards de dollars de chiffre d’affaires1. Parce que le marché mondial du numérique est gigantesque, des groupes chinois du secteur numérique et télécom ont vu le jour et constituent désormais des challengers sérieux des GAFAM américains. Ces entreprises sont aujourd’hui regroupées sous le terme de BHATX, à savoir Baïdu, Huaweï, Alibaba, Tencent, Xiaomi.

Les revenus des GAFAM et des BATX. • Crédits : Sabrina BLANCHARD, Thomas PERROTEAU / AFPAFP

Ces entreprises connaissent des développements très forts et sur des secteurs économiques très divers. Partant d’un type de service particulier dans un premier temps pour chacune d’entre elles, elles ont ensuite diversifié leurs activités vers un seul objectif, la capture de données, nos données en somme. 

Mais de quoi parle-t-on au sujet de ces données ?

Les données concernent aussi bien notre identité, nom, prénom, date de naissance, adresse mail que nos habitudes de consommation comme le contenu de nos derniers achats, leur montant et le type de produits achetés. Elles concernent aussi nos habitudes de navigation et nos centres d’intérêt à travers l’historique des sites Internet que nous visitons sur notre ordinateur ou notre mobile. L’ensemble de ces données est ainsi collecté, réuni et traité pour permettre à ces entreprises de nous « profiler », c’est à dire établir des profils type sur tous les aspects de notre vie quotidienne dans l’unique but de « mieux cibler leur offre » et de nous présenter des publicités ciblées… 

Pour aller plus loin dans cette connaissance de notre intimité, les GAFAMs proposent des services2 toujours plus attractifs, innovants et très souvent gratuits pour inciter les consommateurs à leur fournir, malgré eux, toujours plus de données.

De plus en plus de matériels permettent également de nous surveiller : montres connectées, bandeaux pour faire du sport et analyser nos déplacements ou nos caractéristiques physiques, domotique, caméras ou capteurs de toutes sortes connectés (et souvent piratables !) pour suivre nos habitudes de vie, casques ou lunettes de réalité virtuelle ou de réalité augmentée…

À quoi servent ces données ?

Ces données sont ensuite utilisées en premier lieu à des fins commerciales. En effet, la plupart des services de ces GAFAMS sont gratuits dans un premier temps. C’est le cas des services de messagerie ou des réseaux sociaux. Cependant, il ne faut pas oublier que si c’est gratuit, c’est nous le produit !

En effet, la connaissance ainsi générée permet à ces entreprises de nous inciter à acheter de nouveaux produits toujours plus innovants et désirables mais aussi très inaccessibles pour une part importante de la population. On peut prendre pour exemple le développement du marché de la téléphonie mobile. En moyenne, un smartphone peut coûter plus de 30 fois plus cher3 qu’un téléphone portable simple.

Ces entreprises formatent donc nos désirs, jusqu’à annihiler nos habitudes culturelles.

Au-delà des enjeux commerciaux, ces GAFAM infiltrent également d’autres sphères du pouvoir. En effet, leur capacité à capturer les données et notamment nos données personnelles et les stocker sur leur data centers leur permet même de rivaliser avec les États. En effet, là où les États sont cantonnés à des prérogatives au niveau d’un territoire, les GAFAM quant à elles, sont supranationales. Elles dépassent les frontières et mènent leurs activités sans se soucier réellement des conséquences économiques ou sociales de chaque pays. Elles usent d’ailleurs plutôt bien de l’incapacité des États à s’organiser entre eux voire de leur rivalité sur la scène économique. C’est particulièrement criant sur la question de la fiscalité.

Rappelons par exemple qu’en 2018, Google a payé 17 millions € d’impôts en France pour un chiffre d’affaires de 2 milliards d’€, rien que pour la publicité, en déplaçant son chiffre d’affaires réel vers l’Irlande, où elle paie moins d’impôts (Source : https://www.lepoint.fr/)

Parce que ces entreprises vont vite et souvent plus vite que les capacités de régulation des États, elles siphonnent un à un les différents secteurs de nos économies. C’est la stratégie du criquet4 évoquée par Aurélie Luttrin, présidente de Ciwik5 : « Ces entreprises mangent tout ce qui peut être mangé dans un secteur, et une fois qu’il ne reste plus rien d’intéressant, elles se déplacent et viennent se développer sur un nouveau secteur d’activité. »

Enfin, il ne faut pas oublier que ces entreprises ont une certaine façon de voir le monde notamment lié à leur pays et culture d’origine. Ainsi, en menant leurs activités, elles défendent un certain modèle de société, une certaine vision des libertés individuelles et de leur protection. La Chine et les États-Unis ont, pour ce qui concernent ces 2 États, des attitudes profondément hégémoniques et ces grandes entreprises sont aussi les vaisseaux amiraux de cette vision du monde qui peuvent mener à des dérives. En témoigne la décision par la France en août 2020, d’interdire les antennes du fabricant Huawei en raison de suspicion d’espionnage. (Source. https://www.lesechos.fr/tech- ou https://www.lemonde.fr/)

Alors qu’est-ce qu’on fait ?

D’abord, on prend conscience de la dépendance qui est en train de s’accroître entre nos  « modes de vie » et ces grandes entreprises. On prend aussi conscience du fait qu’il s’agit d’entreprises commerciales et que par conséquent, elles vont chercher à maximiser l’usage et la rentabilité de nos données. De par leur taille, les principes de concurrence aujourd’hui ne fonctionnent plus et de toutes les façons, l’histoire économique récente a démontré que le capitalisme ne sait pas s’autoréguler6. Enfin, face à l’inaction relative des États, il semble également important d’exercer son pouvoir citoyen pour s’affranchir de cette mainmise.

Vient la question des alternatives

Chez TeleCoop, on souhaite pouvoir vous proposer des alternatives libres ou open-source à l’ensemble des usages dont vous pourriez avoir besoin. Partout dans le monde, des initiatives citoyennes existent et sont aujourd’hui crédibles pour construire un monde numérique solidaire et responsable qui s’affranchisse de ce carcan hégémonique et respecte nos libertés et le respect de notre vie privée. 

Vous pourrez retrouver dans la suite des articles quelques-unes des propositions de notre communauté, bénévoles ou experts. Libre à vous d’ailleurs de les enrichir.

Note 1 – Chiffre d’affaires des GAFAMs à fin juin 2020. (Source : https://www.silicon.fr/cloud-covid-19-gafam-344268.html) et vue globale des différents revenus des GAFAM sur https://www.dailyinfographic.com/tech-giants-finance

Note 2 – Ex. les applications Whatsapp, Messenger, Instagram (dont Hyperlapse et Layout) pour Facebook, LinkedIn ou Skype pour Microsoft… En juillet 2016, Microsoft est accusé par la Cnil d’une collecte de données excessive avec son système d’exploitation pour ordinateurs et tablettes. (https://www.lefigaro.fr/)

Note 3 – On peut trouver des téléphones simples à partir de 10 € (Ex. Logicom Le Posh 178 https://www.fnac.com/ alors que le prix moyen d’un smartphone est de 326 € (https://www.20minutes.fr/) et certains smartphones dépassent les 2 000 € (Samsung Galaxy Z Fold2).

Note 4 – La stratégie du criquet des GAFAM-BATX menace la démocratie et l’économie : https://www.latribune.fr/ 

Note 5 – Ciwik est « une société qui propose au secteur public des solutions pour réinventer la vie publique, construire la souveraineté numérique des territoires et accroître leur performance économique, sociale et environnementale ».

Note 6 – « 1988-2008 : les dix plus grands scandales financiers » (https://www.leparisien.fr/archives/1988-2008-les-dix-plus-grands-scandales-financiers-21-06-2009-554955.php)

Bibliographie

Plateformes numériques : réguler avant qu’il ne soit trop tard : http://www.cae-eco.fr/plateformes-numeriques-reguler-avant-qu-il-ne-soit-trop-tard

Merci à Jean-Marie Brodu, sociétaire chez TeleCoop, pour ses recherches !

Quelles alternatives existent aujourd’hui aux géants du web ?

La plupart des services GAFAM ont des équivalents libres sur les différents éléments de la vie quotidienne et de notre vie mobile. (à venir prochainement un article dédié aux smartphones et tablettes, où l’on verra que le choix est grand et qu’il est possible dès aujourd’hui de se passer de Google sur un téléphone Android et de mener une vie normale, voire une meilleure vie !) 

NAVIGATEUR

Firefox – https://www.mozilla.org/fr/firefox/new/

Avec Firefox, vous pouvez compléter votre protection avec des extensions complémentaires.

  • HTTPS EVERYWHERE, permet de forcer la connexion au web en mode sécurisé. Cette extension a été développée par l’EFF (Electronic Frontier foundation)
  • PRIVACY BADGER : également développé par l’EFF, permet de protéger contre les pistages en ligne
  • DECENTRALEYES : permet de compléter Privacy Badger
  • UBLOCK ORIGIN : permet de bloquer de nombreuses publicités et des dispositifs de pistage (cookies tiers). Decentral eyes et UBlock Origin permettent d’une part d’accélérer le chargement de la page (avec moins d’appels externes) et de moins consommer d’électricité sur les serveurs tiers. UBLOCK peut cependant bloquer l’affichage de certains blocs (des images par exemple) hébergées sur un autre site. Il suffit alors de le désactiver temporairement.
  • CLEAR URLS : permet d’éliminer la partie de l’adresse d’une URL personnalisée (celle qui suit le « ? » qui permet de savoir qui a cliqué sur le lien)
  • CONSENT-O-MATIC : permet de remplir automatiquement les formulaires de refus de cookies pour de très nombreux sites.
  • QWANT BASIC : permet de définir Qwant comme moteur de recherche par défaut à la place de Google.
  • SIGNAL SPAM : permet d’identifier de nombreuses tentatives de phishing (« hameçonnage » en français : escroquerie en ligne où l’expéditeur tente de récupérer vos données personnelles en se faisant passer pour un organisme connu : banque, sécurité sociale, impôts, marques connues…). Cette extension permet également de signaler aux autorités le mail frauduleux.
  • … Il en existe beaucoup d’autres et Firefox vous propose des suggestions en fonction de vos besoins (Voir dans le menu « Outils / Modules complémentaires / Extensions)
Autres navigateurs :
brave – https://brave.com/fr/
tor browser – https://www.torproject.org/fr/

MESSAGERIE

Logiciel de lecture de courriel :

Boîte mail : https://www.justgeek.fr/services-de-messagerie-securises-56153/

LISTE DE DIFFUSION :

ENVOI DE FICHIERS :

MESSAGERIE INSTANTANEE :

SERVICE DE GEOLOCALISATION :

SAUVEGARDE DES DONNEES :

OUTILS DE BUREAUTIQUE :

GESTION DE PROJETS :

  • Kanboard ou Wekan (hébergés sur des CHATONS – https://chatons.org/
  • Notion – https://www.notion.so ou Airtable – https://airtable.com/
  • Attention : Notion et Airtable ne sont pas Gafam, mais restent des sociétés privées, comme Trello, basées sur le modèle Freemium (éléments de base gratuits, abonnement pour bénéficier de tous les outils). 

AGENDA PARTAGE :

REUNIONS / SONDAGES :

QUESTIONNAIRE EN LIGNE :

MEDIAS SOCIAUX :

MUSIQUE LIBRE DE DROITS

VISIO CONFERENCES :

TRAVAIL EN GROUPE :

INFORMATIONS GENERALES :

La plupart des services libres remplaçant les services des GAFAM sont hébergés sur des serveurs éthiques Chatons (CHATONS est le Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires https://chatons.org/ ). Certains des services ci-dessus ont été développés par l’association Framasoft (« Fra » pour Français, « Ma » pour « Maths » car l’association Framasoft a été créée par 2 profs !) et sont répertoriés sur : https://degooglisons-internet.org/fr/

POUR UNE LISTE PLUS COMPLETE DES ALTERNATIVES :

Liste des alternatives GAFAM : https://degooglisons-internet.org/fr/alternatives

Liste d’outils de travail collaboratifhttps://degooglisons-internet.org/fr/list/

Merci à Jean-Marie Brodu, sociétaire chez TeleCoop pour cet article !